Reddition – poème

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En retombant sur une ébauche de recueil ce matin, un texte est sorti tout seul, j’ai même dû m’arrêter alors que j’étais en voiture pour écrire les premières lignes. Il s’intitule “Reddition.”

Voici ma colère, je te la donne. Je n’en ai plus rien à faire. Longtemps le venin de la fureur a nourri ma chaudière, mais ce carburant-là finit toujours par s’éteindre. Il est temps pour moi que je me libère.

J’ai besoin de larguer les amarres, de m’évader, de changer d’air. Pas d’excès d’amertume dans mes bagages pour rejoindre la mer. J’entends la rumeur des vagues et l’appel du large ; comment résister à ce concert ?

Toute ma rage, je l’abandonne au bord de la rivière comme de vieux vêtements gris de poussière. J’entame ma métamorphose. J’emprunte un autre itinéraire. Je m’envole, j’arrête de pleurer et peu importe si je te laisse en arrière.

L’oppression des larmes ne m’intéresse plus, c’est vraiment trop la galère. À quoi bon essuyer mon nez rouge, sécher mes paupières et me laisser flétrir comme une vieille femme atrabilaire ?

J’ai autre chose à vivre, autre chose à rêver, des aventures extraordinaires sont à ma portée. J’ai des envies d’ailleurs comme dans les vers de Baudelaire. Ce serait une belle façon de tout recommencer.

Alors tiens. Prends donc cette colère. Fais-en ce que tu veux. Trouve-lui une nouvelle récipiendaire, si tant est qu’une autre veuille se porter volontaire. Moi, j’ai décidé de m’y soustraire. Le goût de la liberté est largement celui que je préfère.