Les petits tracas d’une éditrice (ou le résumé d’un été pas glop)

Le 8 juillet dernier, l’heure des vacances sonne. Chez le commun des mortels, ça signifie : farniente, d’autant que je fais partie de ces heureuses feignasses qu’on appelle « profs. » Il y a juste un… détail ; en ce qui me concerne, le mot « vacances » veut dire : du temps en plus pour tout le boulot que j’ai à faire. Au programme : les sorties de Voy’el pour fin août et la préparation des cours.

C’est compter sans ma détestable habitude de me rajouter du boulot en plus. Ainsi, je découvre un salon à Civray auquel je m’inscris (alors que j’avais dit : plus de salon avant novembre) et je confirme ma venue à la 37e convention de SF et la 1ère de Fantasy de Grenoble (souvenez-vous, la promesse, blabla… novembre blabla). Nous sommes aux alentours du 15 juillet.

À la fin du mois, je me permets quand même de relancer la SFL pour un gros chèque (oui, 300 euros, pour un petit éditeur, c’est un gros chèque) qui… n’est toujours pas arrivé, car pendant ce temps, le facteur de mon patelin dans l’Oise ne fait pas son boulot (lui, il glandouille) et j’attends aussi comme ça un bulletin de salaire et un relevé de banque. Cette histoire de chèque perdu n’arrange pas les affaires de ma maison d’édition.

Je rame sur la réalisation du site de Voy’el : je suis loin d’être une pro en réalisation de site et là, j’ai décidé de me lancer sur Joomla, censé me permettre, par la suite, de gagner du temps (c’est toujours une histoire de temps). Sauf que je fais une fausse manip, que tout est à recommencer, virtuemart que je voulais utiliser au départ, refusant de fonctionner avec Paypal.

Petite « pause » dans l’Yonne chez le frérot début août. Mais cette histoire de chèque et de site me tarabuste tellement que je suis d’une humeur de dogue. Je passerai sur le c… du parking de Leclerc qui m’agresse parce que j’ose protester lorsque sa bonne femme colle un grand coup de portière dans ma voiture et me laisse un gnon de la taille d’une pièce de 20 cts. Quand je vois les précautions que je prends, moi, pour ne pas abîmer les voitures voisines… d’y repenser, ça me donne envie de coller des baffes (je pense m’inscrire à un cours de taekwondo cette année… je dis ça, mais où trouverai-je le temps d’y aller ?)

En plus, un certain nombre de choses n’avancent pas assez vite et mes idées pour remplir les caisses de Voy’el sont des flops (voir Papyrus45).

Retour de l’Yonne : le cochon d’inde fait un coryza.

Ma chienne est infernale et a apparemment décidée de faire sa crise d’ado à presque 4 ans. Elle recommence à détruire ; son truc, c’est de faire des petits trous dans les couvertures des chiens de mes parents (peut-être est-elle la réincarnation d’un contrôleur de la SNCF ?) et accessoirement d’essayer d’en faire dans les oreilles de la chienne de mes parents qu’elle harcèle sans arrêt pour jouer, mais Rubis a dix ans maintenant et rêve juste d’une bonne sieste au soleil, quand celui-ci daigne se montrer.

Bref… Biscotte (ma chienne) me rend chèvre.

Vous vous souvenez, je devais préparer des cours… J’arrive malgré tout à faire une séquence en Histoire et une en Français sur le film de Burton, Alice… pour les 1ères BP que je n’ai finalement bouclée qu’avant-hier. Par contre, je suis sûre de bosser le week-end de la rentrée pour les 3 DP6.

Poursuivons…

Je relance l’illustratrice du Prince des Brumes tout en terminant la mise en page du tome 2 du Neuvième Cercle. Il y a des soucis avec la couverture de l’Impossible Quête (et dans le fichier texte où des coquilles à génération spontanée se multiplient, comme des tirets de dialogue au milieu des mots composés). Je fais une fausse manip avec Photoshop (oui, la fille, pas douée) que j’arrive quand même à rattraper, mais l’illustrateur demande à refaire la couv directement pour mieux faire ressortir le rouge de la jupe d’Aoni et pour mieux intégrer les cercles de la 4ème de couverture, ce que je ne peux qu’approuver.

L’illustratrice du Prince des Brumes a des soucis personnels. Et là, je ne peux rien dire, elle s’en sort en plus admirablement bien en ayant à peine du retard.

Alors que je travaille sur la mise en page du Prince des Brumes, le logiciel que j’utilise, Quark Xpress, m’envoie un message sibyllin (me rappelant furieusement le sketch d’Anne Roumanov sur les PC) et je dois tout recommencer, d’autant que Môssieur a interverti des pages. Nouveau retard qui s’accumule encore après l’envoi chez LSI des fichiers, car il n’y a pas moyen que Quark Xpress, toujours lui, réalise le fichier PDF selon les normes de l’imprimeur, alors qu’il l’a fait sans problème avec le tome 2 du Neuvième Cercle.

Je me lance dans la (re)lecture d’une anthologie qui doit paraître en octobre. Je pensais avoir le temps, mais les textes sont souvent plein de fautes (de grammaire ou de style). Résultat des courses : à l’heure d’aujourd’hui, j’en ai à peine lu la moitié.

Tout ça m’a empêché d’accomplir une tâche essentielle, alors que la date de la convention à Grenoble approche : l’inventaire du stock pour le dimanche, journée ouverte.

En catastrophe, je commande à LSI 10 exemplaires d’Entrechats et, tant qu’à faire, 10 exemplaires de l’Impossible Quête et je demande le tout en express. L’imprimeur m’annonce mardi que le colis a été envoyé… mais c’est faux, il est parti seulement hier et à l’heure où je vous écris ce billet, je ne sais pas si je pars bien aujourd’hui pour Grenoble, car j’attends toujours ce satané livreur ! Je ne sais pas si je lui saute au cou ou si je l’étrangle.

Je prête ma voiture à mon père pour qu’il la fasse laver (et vérifie la pression des pneus) avant le départ, mais le soir même (mardi), il me dit qu’il y a un drôle de bruit à la roue avant droite et que c’est peut-être un cardan. Génial ! Il ne manquait plus que ça, surtout que ma situation financière n’est pas glop. Donc hier, je passe ma journée 1) à attendre un livreur qui ne viendra jamais, 2) dès que ma mère rentre du boulot et peut jouer les sœurs Anne, je pars au garage pour cette histoire de bruit suspect (mais on ne trouve rien).

Au départ, je suis une fille organisée, tout le monde vous le dira. Je planifie, je planifie, je planifie. Et heureusement, parce qu’imaginez ce que ça serait si je n’avais pas déjà un calendrier des parutions pour Voy’el et donc un calendrier de travail pour associer mes deux boulots afin qu’ils ne se télescopent pas (de toute façon, c’est le métier de prof qui a la priorité, c’est comme ça).

Mais ça ne suffit pas, car c’est compter sans les emmerdeurs. Je vous fais une petite liste : en tête, le facteur qui ne fait pas son boulot (les courriers en retard, les courriers qui n’arrivent pas, les courriers qui finissent dans la boîte aux lettres du voisin) et les auteurs qui vous envoient une nouvelle torchée vite fait et bourrée de fautes d’orthographe ou qui vous font un caprice de dernière minute : « Non, finalement, je préfère garder mon texte, au départ, ce n’était pas prévu avec toi. » J’ajouterai aussi les démarcheurs qui empoisonnent un après-midi de boulot à essayer de vendre à vos parents (qui travaillent, mais vous, vous jouez les standardistes) des placements, des panneaux solaires, des aspirateurs et j’en passe et enfin Microsoft pour Windows Vista qui est vraiment de la m… et vous pond une mise à jour rendant votre portable cacochyme.

Alors oui, il y a des choses bien plus graves dans la vie (toutes mes pensées vont aux victimes des catastrophes de cet été) mais quand c’est tout le temps comme ça, au bout d’un moment, ça use. On se dit au départ que ça va passer, que Mme Poisse va trouver un autre client. Sauf que Mme Poisse semble beaucoup vous aimer quand même, genre grosse tantine qui vous colle des baisers baveux sur les joues. Je préfère ne pas savoir à quoi ressemble Mme Guigne, sa cousine, ou Mme Calamité, leur grand-mère.

Donc s’il y en a qui sont preneurs pour prendre Mme Poisse en pension quelque temps, qu’ils me contactent. Et j’espère juste avoir un été un peu plus cool l’année prochaine. Remarquez, l’année dernière, je disais la même chose après une grosse prise de tête avec l’imprimeur, concernant… les codes barres au dos des livres.

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    1 Thought.

    1. Je confirme que tu planifies tout, j’en sais quelque chose !!! et aussi que tu râles beaucoup (ça doit venir du prénom…), ça va me manquer !
      Quant à Mme Poisse, elle a fait une petite station chez nous cet été.
      A ta place j’essayerai plutôt le yoga, on en fera ensemble car je sens mon année bien partie aussi…
      Pour te consoler un peu : je te souviendrai moralement ( si, si !!), pense à tous tes collègues (avec qui on rigole bien) et pense surtout au prestige de PP face au DP6, que de bêtisiers en perspective !!
      Courage !
      Je vais bientôt m’atteler à ta pile de livres, il faut juste que je relise la fin du tome 1 avant.

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